My mission... is Genocide.

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My mission... is Genocide.

Message par Trevi' le Lun 29 Juin - 13:58

Trevis errait dans les couloirs de l’antre d’Ivilis. Perdu dans les méandres vicieuses de son esprit, il heurta un homme qui courait, un paquet à la main. Ce dernier le repoussa et tenta de reprendre son chemin. Mais non. Trevis en avait décidé autrement. Il saisit l’homme au cou, le projeta en l’air en déployant une force brute surprenante. Il retomba en trois morceaux.
Trevis lécha ses lames ensanglantées et les rengaina. Les péripéties habituelles…
Il se dirigea vers le placard qui lui servait de chambre et y entra en défonçant la porte d’un coup de coude. Le jeune tueur immoral s’agenouilla face au mur et aperçut une vieille photo poussiéreuse qui y était clouée. Il ôta la poussière d’un doigt tremblant et vit un de ses souvenirs oubliés : sa mère, son père, son frère et lui dans leur caravane. C’était il y a douze ans, se remémora-t-il sans s’en rendre compte. A quatre ans, il était encore sain et pur.
Mais le lendemain de la prise de ce cliché, le pire s’était produit. Un détachement des forces d’Ivilis était venu et avait massacré ses parents. Trevis se rappelait de la couleur terne de leurs lames et du sourire ironique peint sur leurs visages burinés.
Il ne sut jamais ce qui était arrivé à son frère. Une minuscule part de son esprit ne pouvait s’empêcher d’aimer encore Félibert.
Une seule chose était sure ; il avait été enrôlé de force et servait d’assassin personnel à Ivilis, ayant décelé un talent de combattant dans le gamin qu’il était.
« Larmes ? Non… un tueur ne pleure pas… «
Il en doutait –des larmes coulaient de plus en plus intensément sur son visage-.
Tout d’un coup, Trevis sentit une force sombre le posséder. Il entrait dans une de ses crises quotidiennes où il rentrait dans un état totalement sauvage et s’abandonnait à la destruction et au génocide. Il dégaina ses lames et se mit à dévaster l’intérieur de sa chambre.
Cependant, un obstacle apparut –sous la forme d’un soldat d’élite- a sa rage. Et les obstacles obstruaient la haine du monstre qui était en ce moment totalement réveillé en lui.
Le soldat le ceintura et cria :

- ARRETE TOI, JEUNE TUEUR ! TU N’ES PAS ICI POUR DETRUIRE LA FORTERESSE DU SEIGNEUR MAIS POUR MASSACRER LES GENS QU’IL DECIDERA !
- Mais ta gueule, toi, BORDEEEEEEEEEEEEEEEL ! Hurla Trevis.

Il attrapa le bras qui le maintenait contre le soldat et tira de toutes ses forces. L’homme valdingua dans la paroi de pierre. Il tituba un instant, rouvrit les yeux… et se fit saisir à la gorge par Trevis qui le leva à un pied de haut avant de lui fracasser le crâne dans cette même paroi. Mais le jeune adolescent, possédé par cette rage envahissante ne réalisa pas que ce coup avait achevé le pauvre type. Il continua de tenir le cadavre a bouts de bras, puis dégaina ses sabres. L’homme n’eut pas touché terre qu’il se prit une pluie de coups d’estoc dans la cage thoracique. Trevis le laissa cloué au mur, s’assit et regarda sa peau se déchirer, révélant ses muscles, son œsophage, sa trachée et surtout un flot de sang. Un sourire mi-amusé mi-jubilant se peignit sur son visage.
Secoué par un spasme, Trevis bondit sur ses appuis et se mit à dépecer le corps cloué par ses sabres à grands coups d’ongles et de dents. Il jeta sur le perron les plus gros morceaux ; le foie, la trachée artère, l’œsophage, le cerveau, l’estomac, la rate, et la majorité des muscles. Le jeune homme malsain contemplait ce spectacle macabre dont il était lui-même le héros d’un air fébrile. Il retira ses sabres et cloua au mur d’à côté l’enveloppe de peau vide de substance. Cachant le dernier élément compromettant pour son esprit défaillant ; la vieille photo.
Une demie-heure plus tard, la crise était passée. Laissant derrière elle trois vies et un couloir désormais en ruines. Ivilis allait devoir taxer pour sa forteresse, au rythme ou ça allait.
En parlant d’Ivilis, d’ailleurs, Trevis se remémora que le lendemain il devait lui donner une mission de luxe… un génocide de masse. D’après ce que lui rappelait sa mémoire embrouillée, il devait aller exercer son art au château du seigneur, à Saincity. Un génocide à sa hauteur. Il allait adorer.
Il s’allongea sur sa couchette et chercha le sommeil. Il avait perdu toute notion du temps depuis un moment ; il ne songeait qu’à tuer. C’était sa manière de vivre.
Puis, indépendamment de sa volonté, il s'endormit d'un coup en poussant un soupir, comme si il décédait.



Trevis se releva. Il sentait que le temps était venu pour lui d'aller rendre visite à Ivilis ; telle l'aiguille d'une boussole, il se leva. Ses cheveux roux foncé en bataille, son visage taillé par les combats et ses yeux verts clair auraient pu lui permettre de plaire aux filles. Sans compter le style de son armure ; un masque en forme de cache-nez, des mitaines en cuir et un vêtement de tissu léger. Encore aurait-il fallu qu'il y aie des filles dans ce trou perdu, et que Trevis ne soie pas le démon tueur qu'il est en ce moment... Il s'étira et ses muscles puissants saillirent sous sa peau. Ses sabres aux reflets bleutés étaient restés à son côté ; aussi il passa par l'ouverture qu'il avait fait hier d'un mouvement souple, abandonnant ce placard qu'il détestait tant, en particulier à cause de ce fameux cliché. Un nuage de poussière le suivit et une araignée se mit à courir en zigzag depuis le dessous de sa couchette.
Il se sentait bien et étonnemment (orthographe stp kirua ? xD) calme. Ses pas altiers le guidèrent à travers les couloirs jusqu'à l'escalier du sous-sol qu'il dévala.

" C'est la deuxième à gauche " songea-t-il.

Une porte... un garde... une deuxième porte. Il tourna la poignée et entra.
Ivilis l'attendait, assis sur un trône grossièrement taillé dans l'or. Trevis ne s'inclina pas. Il haïssait cet homme à tout point de vue ; le jeune homme détestait être commandé et traité comme un produit jetable. Si les missions qu'il lui confiait ne l'amusaient pas tant, il aurait sûrement déjà tenté de l'assassiner.

- Incline-toi, jeune impudent ! Siffla-t-il.
- Je ne m'incline que face aux gens qui me sont supérieurs. Or, navré, mais mon seul supérieur, c'est moi-même.
- Tssss...
- Inutile de l'ouvrir si c'est pour me cracher à la figure.
- Méfie-toi, gamin. Je peux te tuer d'un mouvement, et tu le sais.
Trevis dégaina à moitié ses lames. L'entrevue prenait une tournure qu'il ne sentait pas vraiment. Ivilis haussa un sourcil et deux gardes tenant une lourde hallebarde se rapprochèrent imperceptiblement.
- N'essaie même pas ! Firent-ils à l'unisson.
- Primo, vous éloignez vos colosses. J'ai pas envie de me battre contre la nullité, je veux l'élite. Secondo, vous me donnez cet ordre de mission. Et enfin, ne traîne pas. Vu ? fit Trevis d'un air relativement blasé pour avoir vécu ça la semaine précédente.
- Ici, c'est moi qui dicte. Tu t'écrases, gamin. Et avec moi c'est VOUS, le tutoiement est interdit.

Trevis apparut au côté d'Ivilis en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.

- Vous allez me donner ce papier.
- Bien. Mais qu'espères-tu ?

Le seigneur de la forteresse lui remit le parchemin cacheté. Trevis le glissa dans une poche et murmura pour lui-même :
" J'espère que l'occasion se présentera. Tout simplement."

Et il s'en retourna dans le couloir. A mi chemin, il tressaillit, et pour cause :

- MEURS !!!!!

Le jeune adolescent se retourna rapidement et dégaina ses sabres. Il repoussa sans effort le coup de taille du premier garde et bondit de côté pour esquiver celui du second. Les deux gardes l'avaient suivi dans le couloir sombre et avaient commis l'erreur de le prévenir de leur cri.

- C'était la dernière fois que vous vous trompez, tous les deux.

Trevis se mit inconsciemment à déployer l'énergie sombre qui le possédait depuis son premier meurtre. Il croisa le fer en guise d'échauffement, portant des coups grossiers juste suffisants à les faire reculer rapidement. D'un geste expert il bloqua deux coups, repoussa les armes d'un mouvement d'une absolue puissance, feinta de son premier sabre et embrocha le deuxième garde d'un coup d'estoc surnaturel. Le survivant le vit bouger, puis le perdit de vue tant sa vitesse était grande.
Un coup de taille surpuissant le fit décoller du sol et ses deux morceaux heurtèrent le mur qui trembla légèrement.

- C'est dommage, Ivilis. Essaye encore... fit-il d'un ton moqueur.

Il sortit le parchemin de sa poche et ôta le sceau d'un léger coup de lame ; il lut :

Ordre de mission : rang : A
Exécutant : Trevis MacDonald
Objectif : Tuer Roëntel Faramis -surplus permis-
Délai : Du 28 mai 1948 au 15 juin 1948

Ca ne devrait pas lui poser de problème.
Il sourit et courut vers l'extérieur. Les gardes le laissèrent passer sans rien dire ; il franchit les douves d'un bond et fut libre. Extériorisé de cette forteresse.
Trevis vouait une passion au monde extérieur : malgré son esprit de meurtrier il ne pouvait s'empêcher d'admirer les aigles volant sur la plaine de sable, les félins sauvages chassant le gibier...
Il parcourut rapidement le désert et arriva dans le défilé qui séparait le lac et le village des Pumpkins. Il courut ainsi pendant un quart d'heure et se retrouva à l'arène de SainCity, l'arène à mort, le terrain de chasse de Trevis. Il vit du coin de l'oeil une sorcière aux incantations particulièrement puissantes massacrer un petit mercenaire qui eût l'imprudence de s'aventurer dans cette zone. Paix à son âme.
Il entendait déjà les cris des marchands.

Il bondit par dessus les murailles et atterrit au coeur de la ville. Il eut l'impression de changer de monde ; la foule et les étals marchands étaient incroyablement nombreux. Il salua d'un air dédaigneux quelques personnes puis poursuivit son chemin. Il passa le premier pont, puis le deuxième.
La ville était magnifique. Il croyait voir une explosion de couleurs et l'architecture plus moderne que la forteresse à laquelle il avait droit. Difficile de trouver quelque chose que Trevis aimait, hormis lui-même, et ce n'est pas peu dire...
Tout en profitant du spectacle qui s'offrait à lui, il poursuivit son chemin et arriva à la falaise abrupte sur laquelle le château était niché. Il allait bientôt s'amuser.

Le jeune homme s'abreuva rapidement à la rivière. Le bruit de l'eau tintant sur les pierres, les hurlements des marchands, les vieilles dames et les voleurs et le gazouillement des oiseaux le charmait.
Il marcha majestueusement sur la falaise et arriva à la porte du grand Castel. Il dégaina ses fidèles lames et bondit sur les gardes. Leur cri d'alerte s'étouffa dans leur gorge.
Trevis savait qu'il allait rester un moment à l'intérieur. Il s'arrêta au milieu du pont-levis et imprima dans son esprit les images utopiques qui se présentaient.

Il ouvrit la grande porte. l'intérieur de la cour était magnifique ; que de lustres luxueux, de tapis immaculés, d'armures d'apparat contre les murs. Il n'y avait personne à portée de vue... pour le moment. Notre héros s'avança sur le tapis sans faire aucun bruit.

Tintement d'acier contre acier.

Trevis fut surpris pour la première fois de sa vie. Il faillit bien ne pas bloquer le coup.
La personne qui lui tenait tête était, à son étonnement, une fille. Et plutôt mignonne, il devait l'admettre ; même un tueur comme lui décelait une beauté étonnante dans ses traits fins, ses yeux bleu vif et ses cheveux noir corbeau. Elle semblait être âgée de seize ans environ, comme lui.

- Tiens, fit-elle d'une voix douce. Cette fois, Ivilis a visiblement envoyé autre chose qu'un plouc armé d'une épée.
- Possible.

Trevis n'essaya pas de repousser son adversaire. Il préférait analyser la situation, et, sans mentir, dépassait largement la jeune femme en force brute. Il n'eut pas a forcer pour contenir son adversaire qui tentait de le faire ployer.

- Hum. Voyons voir... fit-il.

Le jeune homme fit un bond en arrière, puis la chargea. Le clairon du métal sonna pendant quelques secondes, puis Trevis fit un saut périlleux par-dessus son adversaire qui se retourna en un éclair et faillit bien, encore une fois, le couper en tranches en plein saut. Il se fit juste projeter en arrière, roula souplement et se releva. Il bloqua à nouveau in extremis un nouveau coup.

- Houla. Je vais avoir du mal, visiblement. (on ne notera pas son rictus amusé.)
- Essaye d'esquiver ça !

Elle se mit en garde, ses deux sabres à la main. Puis d'un seul coup elle bondit d'une vitesse hallucinante et se mit à enchaîner les coups sur la garde de Trevis qui ne faiblit pas ; ce dernier attaquait au même rythme qu'elle et se mouvait tel un félin autour de son adversaire.
Cette passe d'armes fut particulièrement longue. Trevis en était sorti indemne, mais il ne pouvait s'empêcher d'admirer son adversaire : elle était encore plus belle pendant ses assauts sauvages. On aurait dit le clone au féminin du jeune assassin.
Il remarqua sur l'épaule de l'épéiste une estafilade sanglante. Elle n'avait pas l'air de trop en souffrir mais ses mimiques de souffrance attendrissaient Trevis qui commençait à ressentir un sentiment oublié. Il l'éprouvait pour son frère.
L'Amour.

- Eh beh, vraiment pas un plouc. Première fois qu'on me blesse en combat singulier.
- ...

Trevis était déchiré. Il devait tuer cette fille pour accomplir la mission. Mais il en était visiblement... amoureux. Et pas qu'un peu. Il détailla d'un regard pervers ses courbes grâcieuses.
Il n'aurait jamais dû.

Lorsqu'il se rendit compte que la jeune femme bougeait, il n'était pas prêt. Il avait totalement relâché sa garde et était cette fois-ci totalement impuissant face au coup certainement fatal qu'il allait recevoir. Il tressaillit ; pour la première fois de sa vie, il avait peur.
Il se crispa un peu trop tard sur la poignée de ses sabres et entreprit de les lever pour amortir le coup -geste inutile : les lames de sa Nemesis étaient levées et allaient s'abaisser d'un instant à l'autre-

Il attendit le choc.
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Re: My mission... is Genocide.

Message par Trevi' le Lun 29 Juin - 14:00

Chaque instant comptait ; comme dans un film en accéléré, il revit par éclairs les moments marquants de sa vie, courte en fin de compte.
Soudain, un puissant bruit de ferraille lui fit reprendre ses esprits. Il rouvrit les yeux, inconscient de son présent qui n’était que réalité… réalité ou illusion ? Trevis allait devenir fou de cet instant précis ou toutes les possibilités convergeaient. Allait-il souffrir, mourir, vivre, rire, pleurer… ?
Il souffrit. Intensément. La lame lui pénétra l’épaule et se coinça en crissant dans l’articulation.
Le jeune voleur entrevit une fontaine pourpre jaillir de son être, sa vie s’échapper de cette prison physique ; il s’arqua sous l’effet de la douleur et chuta au sol dans une gracieuse courbe vermeille.
A travers le sang qui dégoulinait sur ses cils, il vit la jeune femme également au sol, une épée plantée en travers du corps. Son cerveau analysa au prix d’un effort méritoire cette vision et il déduit péniblement que c’était étrange.
Il tenta de comprendre ce qui se passait. Un homme en noir était en train de quitter posément la pièce… Trevis se sentit mourir… puis la lumière se fit dans son corps meurtri, à l’agonie.
La jeune et au passage séduisante femme ne voulait pas l’achever, c’était l’homme qui partait qui s’en était chargé… et peut-être même qu’il avait aussi tué cette fille. qui était-il ? Pourquoi … ?
Trevis gémit de douleur et s’évanouit pour de bon en marmonnant des paroles sans aucun sens, possédé par le démon du désespoir.

L’homme en noir arpentait les couloirs du château. Quelque chose manquait à son intégrité… il se sentait léger sur le côté gauche. Son fourreau était vide.

- Et merde, quel abruti… Mon pauvre Neil, si tu commences à oublier tes armes, t’iras pas bien loin, se dit-il à lui-même.

Il revint sur ses pas dans la salle aux effluves macabres. Sans états d’âmes, il arracha son épée du sein droit de la jeune femme, la fit tournoyer dans les airs pour faire gicler le sang collé à la lame et rengaina d’un geste distrait.
Tellement distrait qu’il manqua une marche et trébucha en s’étalant, juste devant le roi qui attendait son retour.

- Alors, chasseur, as-tu réussi ? fit-il ironiquement devant son sujet qui se répandait telle une masse gluante sur le carrelage.
- Ouais. J’ai eu le gosse et la garde du même coup. Trop dangereuse, celle-là, répondit humblement le chasseur en reprenant un minimum de contenance.
- … ? Tu es en train de me dire que tu t’es débarrassé d’Artemis ?
- Ouaip.
- … Je vais aller voir les lieux. Si JAMAIS elle est décédée, tu vas le sentir par ou ça passe.

Neil déglutit et laissa passer le roi. Les représailles menaçaient de tomber comme une épée de Damocles.
Lorsque la petite troupe, c’est-à-dire le roi, Neil et l’escorte du seigneur arriva sur les lieux, la tension arriva à son paroxysme. Le roi avança vers le corps de la jeune fille visiblement nommée Artemis, palpa son pouls et devint de plus en plus blême.

- Elle vit ! VITE ! DES SECOURS !
- Bien, monsieur.
- Oui, monsieur.

Dans un cliquetis d’acier, les gardes coururent le long du corridor voisin et revinrent rapidement avec une équipe de prêtres qui semblaient être l’élite des soigneurs ; leurs bures grises très décorées de joyaux et leurs mains chargées de bracelets montraient une vie oisive, et donc bien payée. Ils étaient donc talentueux.

- Dépêchez-vous, bon sang !
- Nous faisons de notre mieux ! répliqua un des prêtres, agenouillé vers Artemis.
- On est en train de la perdre. Ses battements de cœur sont extrêmement irréguliers.
- Non… fit le roi désespéré.
- Ah, je crois qu’elle nous revient… allez-y plus fort avec les Interventions Divines !

Les instants passèrent, angoissants. Soudain un cri victorieux retentit :

- Oui ! Ses battements cardiaques se stabilisent. Elle va peut-être reprendre connaissance, en aucun cas il ne faudra la brusquer.

Les prêtres tamponnèrent le sang séché, déchirèrent brusquement la chemise de Trevis pour faire un bandage sur la poitrine de la jeune fille.
Et soudain, elle ouvrit un œil. Un éclat vert brilla au soleil, haut dans le ciel, puis un deuxième. Tout ce petit monde la rassura, Neil lui expliqua maladroitement la situation –la jeune fille réussit à sourire, d’un sourire glacial qui ne présageait rien de bon pour le chasseur- et ils amenèrent des brancards.
Le roi aboya :

- Et le garçon ?
- On s’en occupe, monsieur. Il est conscient et nous écoute. Il ne semble pas voir grand-chose, mais sa blessure à l’épaule n’est pas mortelle. Ca va ? fit-il au jeune voleur d’un ton un peu moins professionnel.
- P… p-pour être franc, j… je me suis d-déjà senti m-mieux.
- Attends, je vais t’appliquer un bandage. Ca va te piquer un peu.

Le prêtre qui venait de lui parler d’un ton aimable –notons que Trevis est un tueur- lui posa un chiffon composé des restes de sa chemise et le noua assez fort, indifférent au gémissement de douleur du garçon.

- Ce n’est pas grave. Ca va aller ?
- Je pense, oui… je vois trouble…
- Ta vue va revenir, c’est le choc. Ca a dû neutraliser quelques nerfs.
- Humph...

Trevis se leva prestement, ignorant les protestations du prêtre et celle de son corps qui souffrait le martyre. Il s’adressa directement au roi :

- Vais-je être emprisonné ? Jugé ?
- Emprisonné seulement juste avant le jugement, et peut-être après selon ce que tu auras à nous dire, répondit le souverain d’un ton froid et distant. On va t’emmener aux cachots. Tu vas mariner dans ton jus cet après-midi, et ensuite tu auras une audience de jugement. Vu ?
- Hm...

Trevis était déjà en train de mariner dans son jus. Il avait obéi à Ivilis, et voilà ou ça l’avait mené. Tourmenté, il chassa cette pensée de son esprit, la remettant à plus tard.
Il suivit docilement le cortège qui entourait le brancard d’Artemis, la regarda s’allonger avec de lents et prudents gestes toujours empreints de grâce et avec un petit pincement au coeur, s’éloigna avec un garde qui le mena en prison.
La prison de SainCity était réputée pour la qualité d’emprisonnement de ses détenus. . Trevis commençait à s’en douter lorsque après avoir descendu des centaines de mètres sous le sol, il arriva dans une vaste pièce à la lumière verte tamisée.
L’odeur lui donna un haut-le-coeur et, le coeur au bord des lèvres, il avisa la salle.
De hauts murs de pierre, une lumière verte sans doute produite par l’eau des égouts, une série de barreaux très rapprochés... un rat mort dans un coin de la pièce... une couchette en bois dur et surtout, un occupant. Et pas n’importe lequel. L’occupant en question était le Chasseur. Trevis fut jeté sans ménagements dans la même cellule que l’homme musculeux, et la porte en acier grinça et claqua derrière lui. La serrure joua et Trevis s’assit, un goût amer dans la bouche.

- T’en as pour combien de temps ? fit le jeune tueur, le regard pétillant.
- Pas très très longtemps. Artemis a pas crevé. Je dirais un mois. Sinon, content de voir que j’t’ai pas tué. Je regrette mon geste.
- Honnêtement ? fit Trevis incrédule.
- Ouais. J’pensais que t’étais un voleur. Je hais les voleurs. Si t’es un combattant, j’aurais pas supporté de t’avoir tué comme ça par derrière.
- Hé, hé...

Malgré ses manières maladroites, l’homme semblait être un minimum de confiance.
Réconforté, Trevis put plonger dans ses pensées sans craindre d’attaque-surprise.
Il pensa à Ivilis. Quel salaud, ce type. Il était plongé dans la bouse jusqu’au cou pour lui avoir obéi ; mais dans les faits, il n’avait pas pu accomplir son geste porteur de mort et donc, en pratique, à part s’être défendu contre Artemis, il n’avait fait de mal à personne. A la limite, délit d’effraction, il était entré par ses propres moyens...
En somme rien de très grave pour Trevis, mais il aurait pu risquer beaucoup plus gros.
Travailler au service de quelqu’un qui le manipulait, très peu pour lui.
A partir de cet instant, il brisa son allégeance au seigneur des Démons en cassant la chaîne d’or et d’argent qui certifiait son appartenance à son clan et jeta les maillons dans l’égout au sol.

- C’était quoi, le truc que t’as lancé ? De l’or ?
- Rien d’important. Oublions tous les deux, fit Trevis en ruminant ses pensées.
- Hm...


L’après-midi passa et, le soir venu, les deux prisonniers furent sortis de leur demi-sommeil ; des pas retentissaient dans l’escalier en colimaçon.

- C’est pour ton audience, j’pense, fit Neil.
- Ouais...

Le garde ouvrit la porte. Trevis devait se décider rapidement. Très rapidement. Si il attendait rien qu’un peu plus, son plan était à l’eau. Allait-il le faire ?
Au moment ou le garde retira la clé de la serrure, après avoir poussé la porte pour faire sortir Trevis, ce dernier bondit de sa couchette, plaqua une main sur la bouche du garde et l’assomma sans ménagements en appuyant un coup sec sur sa jugulaire.

- Je file ! fit-il inutilement à Neil qui tentait d’assimiler ce qui s’était passé.

Et il bondit dans l’escalier, filant comme le vent. Arrivé dans un grand corridor, il décida de faire une sortie plutôt rapide. De toute manière, d’ici deux minutes, le pays entier connaîtrait les faits et il serait recherché partout.
Il longea le couloir et d’un coup de pied précis, brisa la vitre à son côté puis plongea par l’ouverture. Deux mètres plus bas, il atterrit en roulé-boulé sur le sol herbeux et détala à travers le jardin.
Vingt secondes plus tard, il bondit par-dessus une haie et courut jusque dans la rue principale de SainCity. Trevis devait quitter la ville avant qu’on s’aperçoive de sa fuite, ce qui n’allait pas tarder.
Le souci était qu’il ne savait pas par où fuir.
Pendant son petit temps de réflexion, la douleur revint à son épaule. Le morceau de sa chemise était taché de sang, il lui fallait être soigné assez rapidement.
Sans plus attendre il s’engouffra dans un bar aux senteurs d’alcool, et se rendit compte –au milieu d’une cinquantaine de personnes- qu’il était quasiment torse nu. Il s’approcha du patron et d’une voix qu’il s’efforçait de rendre ennuyée, il demanda des vêtements au barman.

- Des vêtements ? fit l’homme à la carrure puissante, déconcerté.
- Oui. J’ai été attaqué par un Flybat, et j’ai pansé ma blessure avec un bout de ma chemise... or, je n’avais pas de rechange sur moi, voyez-vous...
- Heu...

L’histoire de Trevis ne résisterait pas à la moindre investigation, sa blessure ne ressemblant pas du tout à une morsure de Flybat, mais le fond était vrai. Il devait s’habiller et changer son pansement.
Le barman lui tendit un vieux T-shirt blanc, ou tout du moins à l’origine blanc. Trevis l’enfila et le remercia, puis il longea les tables remplies de monde jusqu’à trouver un endroit confortable. Il s’assit finalement sur un canapé de cuir vert, à côté d’un jeune homme qui lui ressemblait beaucoup et qui suçotait nonchalamment des olives noires.
Ce dernier le salua, l’air cordial :

- Bonsoir.
- ... Bonsoir !
- Je vois que vous êtes blessé... Permettez-moi de vous donner un bandage décent.
- C’est... très sympathique de votre part, merci.

Trevis entretenait beaucoup de difficultés à avoir des discussions normales. Elevé dans le meurtre, manifester des sentiments à l’égard de son prochain lui était quelque peu étranger, mais il faisait des efforts.
Il repensa du même coup à la chaîne brisée d’Ivilis et se reprit.
Il prit le bandage que lui tendit le jeune homme –la ressemblance entre eux deux était assez frappante, maintenant qu’il regardait, sauf que l’autre était habillé avec classe, Trevis lui portait des guenilles- et défit délicatement le premier bandage, en se mettant à l’abri des regardes indiscrets. L’inconnu prit le morceau de tissu taché de sang et le plaça dans son sac.

- Vilain coup de sabre, ça.
- N...non, c’... oui, en fait, oui, c’est un coup d’épée. Mais je préfère que le public ne le sache pas.
- C’est vous, alors, l’envoyé d’Ivilis ou un tueur du même genre ?

Il ne semblait pas éprouver de peur, et ses déductions s’avéraient justes. Trevis joua le tout pour le tout.

- Oui. Enfin, ex-envoyé d’Ivilis. J’ai rompu mon serment. Plus rien ne me rattache à lui.
- Hm.

Trevis ne savait pas pourquoi il lui avouait tout ça. Il avait l’impression de ne plus être lui-même, mais ce garçon lui inspirait confiance. Peut-être leur ressemblance... ?

- Sinon, qui es-tu pour prétendre à tant de perspicacité ?
- Je suis Félibert. Enchanté.
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Re: My mission... is Genocide.

Message par Trevi' le Lun 29 Juin - 14:01

Ils se turent un instant.

- Moi, c’est Trevis. De même…
- On va chez moi ?
- Heu, si … si tu veux…
- D’accord.

Ils se levèrent succintement. Félibert paya sa consommation et sortit sans plus attendre.
Ils remontaient une grande rue quand Trevis brisa le silence qui s’était installé :

- Ou habites-tu ?
- Dans les quartiers riches, au nord. On arrive dans quelques minutes.
- Il n’y a jamais d’intrusions ou de vols dans ces endroits ? fit Trevis, tendu.
- Ca te connaît ?
- Un peu, confessa-t-il.
- Laisse-moi rire.
- Bon, oui, ça me connaît. Et ma réponse ?
- Ouais, il y en a. Pas mal de brigands se cassent les dents sur moi, d’ailleurs !
- Tu es un combattant ? Tu fais quoi dans la vie ?

Trevis l’admirait, en quelque sorte. Il était une sorte de reflet urbain, distingué comme lui ne pourrait jamais l’être…

- Pas grand-chose. Je dirige le chantier de la nouvelle arène, mais ce n’est pas grand-chose. Mes subordonnés font tout le boulot, et moi je récolte les penyas. Cool hein ?
- Simple et efficace… Mais pourquoi tu dis que les brigands te fuient ?
- Parce qu’ils me craignent.

Voyant que Félibert fuyait la réponse, Trevis se tut et continua de marcher dans les rues qui se faisaient désertes. En effet, le soleil se couchait sur Madrigal, et le couvre-feu était déclaré depuis dix bonnes minutes lorsqu’ils arrivèrent chez le jeune homme.
La demeure était spacieuse et éclairée par de grandes baies vitrées. Machinalement, Trevis repéra les issues de secours et nota la présence d’un étrange objet aiguisé sur la table.
Méfiance était le maître mot, chez l’un comme chez l’autre.
Un grand canapé circulaire entourait la pièce maîtresse de la bâtisse, un gros poteau de marbre blanc veinuré. Ils s’y assirent tranquillement.

- C’est quoi, cette roue métallique posée sur la table ? demanda Trevis, intrigué même si il n’en laissait rien paraître.
- C’est mon arme.
- C’est à dire ?
- Ce sont des YoYo Historiques. Il n’en existe que quelques exemplaires au monde, et c’est un outil de combat sacré.

Trevis souleva avec vénération le YoYo. Léger, il était composé de deux disques métalliques asymétriques, plus durs que le diamant et aiguisés comme les crocs d’un léopard ; la forme des disques rappellait celle d’un nénuphar. Ils étaient rejoints en leur centre par une poignée en cuir souple cranté, ce qui en faisait de parfaites armes de poing. Trevis nota également la présence d’un petit filin quasiment invisible sous une des lames.

- Ca vient d’ou, ce truc ? C’est fait comment ? interrogea frénétiquement Trevis.
- Je le tiens de mon Instituteur. C’est l’un de ses seuls legs ; pensant que j’en ferai bon usage, il a tenu à ce qu’après son décès à la guerre il me revienne. C’est fait avec du cartilage de Gongury, de la soie de Hoppre géant et des dents des plus valeureux officiers Chimeradon du désert de la désolation, bien au sud.

Le jeune assassin tilta sur le ‘un de ses seuls’. Il assimila rapidement les composants et enchaîna :

- Que veux-tu dire par ‘un de ses seuls legs’ ?
- Il m’a également légué sa tunique… je te montrerai après. Je te sens prodigieusement intéressé. Tu veux descendre dans ma salle d’entraînement pour essayer ça ?
- Je suis fidèle à mes épées, répondit Trevis d’un ton qu’il voulait dédaigneux.

Rien n’était moins sûr.
En tout cas, Félibert s’empara des armes, puis ils se levèrent et longèrent la grande pièce circulaire, passèrent devant la cuisine et s’engouffrèrent dans un toboggan d’acier qui les jeta sur un tapis mou.
La salle était immense. Toute de cuir rause (dédicace, j’ai pas pu résister là XD) tendue, elle présentait d’innombrables obstacles, cibles, mannequins et autres supercheries.
Une fois de plus, Trevis détailla ses voies de sortie et se rendit vite compte que la seule porte se trouvait… au plafond, visiblement inaccessible. Il déglutit.

- Prends-en de la graine ! fit Félibert, somme toute content de son petit effet.

Trevis le vit se camper sur ses quatres appuis puis décoller du sol à une vitesse impressionnante. Se jouant de la gravité, le gentleman pirouetta et se déposa sur une plate-forme délabrée, à mi-hauteur de la salle. Même Trevis, pourtant agile, ne pouvait prétendre à tant de grâce et ouvrit une bouche grosse comme un trou du cul de NyangNyang lorsque Félibert se laissa chuter en arrière, pivota sur lui même, et, après un coup d’œil d’appoint, lança les YoYo Historiques qui crochetèrent une poutre. Se balançant après le filin, il décrivit un arc de cercle et retomba sur cette même poutre. Il décrocha rapidement les lames du morceau d’érable et se remit à sauter dans tous les sens ; à chaque chute vertigineuse, il repérait un appui là ou il n’y en avait apparemment pas et l’utilisait à merveille pour se déplacer à sa guise dans l’immense pièce.
Epoustouflé par tant de fluidité, Trevis réagit instinctivement en voyant une forme floue foncer sur sa droite. Il dégaina un de ses sabres et tournoya rapidement sur lui-même avant de se rendre compte de son erreur.

- Crétin. Lâcha Félibert.
- S’cuse, un mauvais réflexe…

Le jeune citadin avait bloqué in extremis l’épée qui s’était logée entre deux lames de ses YoYo. Il se retira d’un geste rapide et, toute animosité oubliée, tendit les YoYo à un Trevis désemparé.
Trevis ne put s'empêcher d'avoir un pincement au coeur en pensant à Artemis, dont le style de combat était identique à celui de Félibert. Il frissonna.

- Mais… j’en veux pas moi !
- Tu vas voir que le maniement des YoYo est autrement plus difficile que celui de la rapière.
- Mais…
- Essaye au moins…

Résigné, l’ex-tueur fit tomber ses fourreaux de son ceinturon et saisit délicatement les poignées des YoYo.
Tant de magnificence en un seul objet était tout à fait incohérent.
Et c’est dans une totale incohérence que Trevis bondit, rata un appui à trois mètres au dessus de sa tête et se vautra au sol dans un grand soulèvement de poussière.

- Je te l’avais bien dit, railla Félibert.
- J’y arrive pas.
- N’empêche que ça, ça vaut toutes les épées du monde, et c’est pas demain que tu battras un Jester.
- « Jester » ?
- Ca désigne celui qui choisit la voie des YoYo…
- J’ai jamais essayé, à vrai dire. Mais seuls de rares adversaires me donnent du fil à retordre, donc je suis un peu surpris de ton affirmation, cracha Trevis, l’honneur froissé.
- Eh bien… battons-nous. Tu vas voir ce qui va t’arriver.
- J’ai pas spécialement envie de te changer en passoire…

En guise de réponse, Félibert lui tendit des sabres en bois et prit lui-même de simples YoYo composés de trois morceaux de bois collés par magie.

- Tu es prêt ? fit Trevis totalement confiant.
- Non.

Et il fonça sur l’épéiste en courant en zigzag pour lui ôter toute possibilité d’anticipation.
Trevis sauta en arrière et Félibert le suivit. Il larda l’air de ses épées mais n’atteint que du vide ; son adversaire se coulait entre ses coups et, étant donné qu’il avait plus d’élan, gagnait du terrain.
Une fois au dessus du thorax de Trevis, il tenta de le frapper au ventre. Notre héros ne pouvait plus parer, ses épées étaient trop longues pour être utiles à une si petite distance…
Il décida de subir.
Le coup de Félibert l’atteignit en pleine poitrine. Trevis cracha un peu de sang et saisit d’une poigne de fer l’avant-bras de son adversaire, l’attira à lui et lui fit une clé au cou. Ils atterrirent au sol et glissèrent sur la poussière sur une dizaine de mètres.
L’action avait duré moins de trois secondes.
Trevis, haletant et endolori, ne pensant qu’à sa fierté, se releva avec difficulté. Il reprit sa prise sur ses épées et chargea l’autre, qui gisait encore au sol, sous le choc de l’impact.
Au moment ou il allait le rouer de coups, Félibert se détendit comme un ressort. Ses pieds bloquèrent brusquement Trevis qui hoqueta.
Le Jester se releva avec une apparente facilité et marcha lentement vers Trevis qui tentait de reprendre son souffle, plié en deux.
D’un pas très lent.
D’un pas victorieux.
Ce fut sa grosse erreur. L’assassin était bien plus endurant que le laissait paraître sa frêle carcasse et se redressa –non sans mal- en s’appuyant sur une plate-forme à son côté.
Il avait du mal à tenir fermement ses sabres, feinta mollement, fut contré.
Revint à la charge.
Félibert pirouetta en l’air et au moment ou le jeune tueur lardait le vide de ses épées, prit appui sur les épaules de Trevis et bondit un peu plus loin.
Déséquilibré, ce dernier ne résista pas au choc des pieds (au passage nus) de Félibert sur ses omoplates et chuta.
Définitivement pour l’instant.

- Alors ? Convaincu ? lança son adversaire victorieux.
- Ourgf…

Il retomba comme une poupée de son sur le sol dur.
~_________________~


Wala. Suite a venir
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Re: My mission... is Genocide.

Message par Suhani le Lun 29 Juin - 16:06

pas mal du tout, agréable à lire en tout cas

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Re: My mission... is Genocide.

Message par Ayih le Lun 29 Juin - 17:27

C'est sympa, d'autant que c'est réel dans les zones du jeu, la mine d'Ivillis a SaintCity ect.. !

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Re: My mission... is Genocide.

Message par barkleey le Lun 29 Juin - 18:36

*-* Pas mal l'histoire. j'ai aimé :p.
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Re: My mission... is Genocide.

Message par Trevi' le Lun 29 Juin - 20:02

Merci ^^
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Re: My mission... is Genocide.

Message par Saryell le Mar 30 Juin - 16:21

Si tu te met a poster ton BG j'vais me sentir obliger d'le faire aussi tongue
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Re: My mission... is Genocide.

Message par Trevi' le Lun 3 Aoû - 19:41

Toudoudouuuu
~~


Trevis reprit connaissance dans le grand canapé circulaire.
Il s'assit précautionneusement.
Un mot était posé à côté de lui, d'une écriture fine et penchée.

Je reviens, je suis allé chercher quelque chose. Félibert.

Il le froissa et se leva. Ses côtes le faisaient souffrir : la défaite avait été mordante.
Soudain, le heurtoir de la porte claqua. Trevis avança vers la porte et ouvrit à Félibert.
Sauf que... ce n'était pas Félibert. C'était un garde bardé de fer, certainement un homme du roi qui s'était rendu compte de son évasion. Il affichait une mine sinistre et sa voix sourde passa sur les oreilles de Trevis comme du papier de verre :

- Toi. Le fugitif. Tu vas me suivre.

Dans l'état ou il était, le jeune ex-tueur ne pouvait pas opposer grande résistance, et lorsque l'homme de main s'en rendit compte, il annonça :

- T'es trop abîmé pour marcher jusqu'en prison. Le roi a dit : mort ou vif. On va choisir la première option, veux-tu ?

Le grincement d'une épée qu'on sort du fourreau accompagna ses paroles qui tombèrent comme une guillotine. Trevis recula. Recula. Recula encore. Le mur se rapprochait, et il était coincé. Le garde, lui, prenait son temps, son épée à la main.
Ce fut son erreur.
Félibert traversa littéralement la vitre, dans la position du saut de l'ange, et enfonça le pectoral de l'homme de sa paume, gênant sa respiration.

- Arghhhh... gémit le garde, la respiration sifflante, en s'écroulant en arrière.

Il heurta bruyamment le mur, faisant trembler un tableau d'artiste qui lui tomba en plein sur le ciboulot.

- Fiouh. Juste à temps. Le voilà au pays des rêves, et nous dans une merde pas possible, fit Félibert en haleine, saignant à cause des morceaux de verre plantés dans sa tunique de Jester.
- Merci, vieux. Sans toi j'étais fait... tu m'as sacrément abîmé tout à l'heure !
- Ce n'est pas grand-chose. Tu as quelque chose que... les gens n'ont pas. Un truc me dit que je dois préserver ta vie.
- Si tu le dis. Bon, parlons de notre futur immédiat. Les gens du château vont voir que le type ne revient pas, et vont arriver en nombre. Il faut fuir.
- Impossible. Il y a trop de choses auxquelles je tiens dans cette maison pour les laisser la saccager. Je vais me battre, et TOI, tu vas fuir.
- C'est une blague ?
- Absolument pas. Il nous reste environ une heure. Fais tes valises et dégage.
- Il va falloir m'y forcer, alors.
- Bien.

Félibert fit volte-face et envoya un uppercut à Trevis qui vacilla.

- C'est pas avec ça que je vais dégager. Des coups de poing, j'en ai pris suffisamment pour savoir les encaisser.
- Bon, t'es pire qu'une mule, alors tu vas rester. Mais si justement on y reste, tu t'en prendras qu'a toi quand on se retrouvera en enfer.

Trevis acquiesça.

- T'aurais pas des sabres ?
- Va voir sous le troisième coussin en partant de la gauche. C'est ma planque à armes.

Notre héros accourut et enleva le coussin.
Il y avait des poignards, des YoYo surtout, un arc, quelques boucliers, une épée longue et un gourdin.

- Rien. Je vais me résigner à prendre les YoYo, alors.
- Tu es fou ? Tu ne sais pas les manier !
- Pas plus qu'une épée longue : trop lourde, et qu'un gourdin qui ne tranche pas, et qu'un arc inutile dans les combats rapprochés.

En disant cela, il se saisit des YoYo posés au sommet du tas d'armes. Sur le manche était gravé : Légendaire.
L'arme était hérissée de pics métalliques et le filin de lancement était particulièrement pratique : à portée de doigts et facile à réenrouler.

- Trevis, tu cours à ta perte.
- Pas plus que toi.
- N'empêche que dans quelques poignées de minutes, voire beaucoup moins si ils envoient des renforts dans tous les cas, des hommes armés jusqu'aux dents vont pénétrer dans cette baraque, et toi tu es armé de YoYo dont tu ne sais pas te servir.
- Ca me plaît, les risques. Le casses-pipes, y'a rien de plus fun.

Félibert leva les yeux au ciel et commença à jester tous les objets de valeur à ses yeux dans le toboggan caché de la salle d'entraînement.
Trevis, lui, souleva le corps inerte de l'homme de main et l'envoya dans le tunnel à son tour, la tête la première, sans ménagements. Quelques secondes plus tard, il entendit un BONG sonore.
Un sourire satisfait s'afficha sur son visage de gamin. Le sourire du suicidaire.

Après un bon quart d'heure de tri et de rangement, ils sortirent enfin de la maison et se placèrent, prêts à combattre.
Le théâtre de leur mort face à la petite armée personnelle du roi était ce joli jardin, fleuri à la Louis XVI. Aucun relief pour se protéger. Un combattant émérite... et un semi-handicapé allaient se faire déchirer ici. Curieusement, Trevis était tout joyeux. L'adrénaline montait dans ses veines.

Ils n'eurent pas le temps d'attendre. Ils avaient amené un bélier et défoncèrent le portail en deux coups. Les hommes se déployèrent alors dans le jardin, pareillement bardés de feraille clinquante que l'homme qui gisait le corps brisé dans les tréfonds d'un toboggan en acier. Génial.

Félibert donna l'assaut quelques secondes plus tard. Il bondit, accrocha un rebord de fenêtre, et d'un tir d'une précision étonnante, lança son yoyo droit dans la fente qui séparait le heaume et le haubert de l'homme, qui s'effondra dans un râle de mort. Le Jester para ensuite les sabres de trois hommes qui fonçaient sur lui, tandis que dix autres les encerclaient et qu'un dernier fonçait sur Trevis.
Ce dernier, mu par un instinct qui depuis toujours circulait dans ses veines, sauta, et pris par la fureur du survivant, porta une série de coups rapides à divers endroits de l'armure du type qui fit un pas en arrière et voulut se replacer. Trevis ne lui en laissa pas le temps. Abandonnant les YoYo et leurs sciences, il fouetta du pied la mâchoire de l'homme, qui craqua bruyamment.

Et de deux. Non, trois ! Félibert avait abattu un des trois hommes qu'il affrontait en même temps. Mais dans quelques instants, ce serait fini. Le commandant des neuf hommes qui, comme lui, encerclaient les deux acrobates, donna le signe de l'assaut.
Une odeur de sang et de chair comprimée dans le métal fumant commença à se ressentir.
Trevis fonça sur le cercle d'hommes, pris dans un accès de folie, et reçut un coup de lame en travers de la joue par le deuxième homme aux prises de Félibert.

Le liquide vital qui coulait dans ses yeux, et la douleur vive ne l'empêchèrent pas de continuer sa course folle vers le cordon de soldats qui se resserrait indéniablement sur eux.
Le sang gicla de nouveau. Mais ce coup-ci, ce n'était pas le sien. Il arracha rapidement le YoYo du ventre troué de l'homme qui s'effondra, puis passa au suivant, ignorant les estafilades qui, chaque seconde, s'ajoutaient à sa collection.
La douleur de ses côtes s'intensifiait dangereusement. Mais il l'ignorait du mieux qu'il pouvait et se battait tel un tigre.
Les préjugés de Félibert sur les talents au YoYo de Trevis s'avéraient faux. Le carnage du jeune homme en était le contre-exemple parfait.
En une poignée de secondes il en tua trois, brisant la formation des hommes qui firent mine de se replier pour mieux repartir à l'assaut.

Derrière, Félibert s'éleva dans les airs, passant au-dessus des lames mortelles de ses deux adversaires, et ses jambes partirent en ciseau, cassant deux nuques et terminant du même coup son duel.
Fort de cette victoire, il s'élança au secours de Trevis.
Hurla quand la lame le traversa de part en part au niveau de l'épaule.
S'effondra.

L'homme qui l'avait abattu ricana sous son heaume. Il mourut la bouche crispée.
Trevis était en proie à une véritable furie, devant le spectacle de son ami et sauveur allongé dans son propre sang.
La pluie se mit à tomber.
Les trois hommes survivants chargèrent vainement Trevis qui, pleurant de larmes mi-haine mi-tristesse, les défigura des pointes de ses armes et continua de s'acharner sur leurs carcasses mortes.
Une bruine de sang accompagna l'odeur de chair compressée.
Trevis, après avoir calmé son chagrin sur les cadavres, s'agenouilla vers Félibert. La blessure n'était pas mortelle, mais il saignait beaucoup et... ses tendons et son os étaient en morceaux. C'était son bras d'attaque, le gauche. Il ne pourrait certainement plus jamais, jamais, se battre...

- Trev... is...
- Ca va aller, ne t'inquiète pas, tu survivras. Aucun organe vital n'a été touché.
- Je... voulais... te... dire... joli coup... tu t'es bien dé...fendu...

Puis il tourna de l'oeil.

La bataille n'avait pas duré beaucoup plus d'une minute. Une minute de carnages et de violences.

Trevis cacha leurs armes et les corps sous les massifs de fleurs, revint vers Félibert évanoui et arracha un pan de sa chemise. Il enroula l'épaule de Félibert dans le tissu pour freiner l'hémorragie, puis ignorant le sang qui exsudait de ses coupures et ses côtes démises, le souleva et le plaça en travers de son dos, de manière à ce que le sang circule.
Puis il avança vers la maison, chaque pas lui coutant.
Ils étaient bien misérables, tous les deux à moitié morts, sur le perron...
Trevis tourna la poignée de la porte et entra, l'effort lui arrachant un rictus à chaque mouvement plus pitoyable.
Il posa avec maintes précautions Félibert sur le canapé, ressortit dehors, récupéra les deux paires de YoYo et fouilla le chef des gardes. Rien, à part une bouteille d'onguent, ce qui n'était pas si mal. Presque une providence, en fait.
Après quoi il rerentra dans la maison, l'onguent à la main, déposa les YoYo sur le canapé et s'accroupit à côté de son ami.
Il entreprit ensuite d'enlever le pan de chemise, et badigeonna doucement la chair broyée de l'onguent.
Sous ses yeux émerveillés, le saignement s'arrêta et Félibert reprit des couleurs !
Trevis appliqua ensuite l'onguent sur ses plus grosses plaies, notamment à l'épaule, au torse et aux cuisses, et sentit le beaume le revigorer et stopper le saignement. Que le pharmaciste du Chateau soit béni.
Malheureusement, il n'y avait plus de produit dans le flacon, et Trevis ne put achever de soigner ses blessures. Mais il ne pouvait pas se plaindre : il ne sentait plus rien, et même la douleur de ses côtes s'atténuait peu à peu.

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Re: My mission... is Genocide.

Message par Suhani le Lun 3 Aoû - 20:06

merci Trevis !

Peut-être que les parties descriptives des combats prennent un peu trop le dessus sur le purement narratif pour moi, mais ça reste agréable à lire :')

La suite la suite ^_^

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Re: My mission... is Genocide.

Message par Trevi' le Lun 3 Aoû - 22:08

Héhé... c'est la tempête avant le calme.
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Re: My mission... is Genocide.

Message par Radon le Mar 4 Aoû - 3:19

C'était cro bien
C'était ma petite histoire avant d'aller au lit alien
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Re: My mission... is Genocide.

Message par Trevi' le Mar 4 Aoû - 9:55

Han ménagez moa *s'effondre*
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